Itinéraire Bis : un café pour changer le monde

Retrouvez un témoignage de Romain sur son implication dans le projet Itinéraire-Bis  dans un billet publié sur Mediapart.

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« On ne se rend pas toujours compte de l’importance d’un café. Pas de celui qui nous réveille le matin, encore qu’on puisse y voir le symbole poétique d’une brume chassée par le vent, d’une reconnexion de neurones faisant exploser les idées. Le café dont je parle, c’est celui en bas de chez vous, sur la place au bout de l’allée, celui écrasé au milieu de la grande métropole, ou celui qui pousse comme un champignon dans un hameau presque dépeuplé.

Ce café, c’est, à sa manière, le début de tout. Là où on boit, on mange, on se rencontre, on échange. Le lieu du premier rendez-vous, voire de la rencontre, celui où se réfugie le badaud qui ne sait pas quoi faire, pour ne pas savoir quoi faire à plusieurs, parfois. C’est dans ce café là qu’est née l’opinion publique, celle qui bouscule, celle qui râle, celle qui prend la Bastille et coupe des têtes aussi. Bref, un lieu qui, connectant les neurones, souffle la brume opaque de nos têtes, et fait exploser nos idées…

Changer le monde

Comme beaucoup d’autres, je n’ai pas choisi d’être militant. Rien de génétique hein, simplement une réaction épidermique à la société, une indignation qui gronde sans arrêt dans le ventre, qui vous fait lever le matin, parfois plus que votre boulot, vos amis, votre famille. Un feu qui réchauffe mais aussi un feu qui brûle.

C’est pour ça qu’on ne s’arrête jamais vraiment d’être militant, on ne se dit pas « demain c’est fini, je rentre chez moi ». On aimerait bien parfois, mais ça ne marche pas. Ce chemin m’a progressivement amené à faire de la politique. Se battre pour des idées, un programme, un horizon pour la société, quoi de plus noble ?

Tracter, coller, faire du porte à porte, écrire, lire, débattre, lutter, être sur le pont à chaque élection, prendre des responsabilités, un peu, puis plus, puis beaucoup, puis trop jusqu’à l’épuisement. J’ai été déçu, par nos défaites, par l’impression d’impuissance, parfois par notre collectif qui se heurte à des murs froids inamovibles. Mais ce feu qui brûle toujours et m’intime d’agir…

C’est là qu’est venue l’idée. Se battre pour des idées, un programme, un horizon pour la société, quoi de plus noble ? Les mettre en application, maintenant, ici, peut-être ? Et pour changer le monde, quoi de mieux qu’un café ? On ne se rend pas toujours compte de l’importance d’un café.

L’âge de faire

Tout par de là donc. Un café, c’est le début de tout.

On parle de relocaliser l’économie ? Relocalisons l’économie, et pas n’importe laquelle : travaillons avec des producteurs locaux qui ont une certaine idée (militante aussi) de leur travail. La bière, le vin, la limonade, la salade, les tomates, les pommes, le fromage : un maximum de produits viendront de Nature et Progrès. Les producteurs viendront y expliquer leur métier, leurs technique, toute l’implication qu’ils et elles mettent dans leurs produits.

On parle d’éducation populaire ? Faisons de l’éducation populaire : organisons des débats, des conférences gesticulées, des formes ludiques de partages d’idées, projetons des films engagés. Permettons à chacun de se réapproprier les savoirs faire nécessaires à une certaine autonomie dont la société nous a privé : cuisine, bricolage, jardinage, récup’,… mettons en places des formes d’entraide, de troc, des espaces de gratuité qui sortent d’un marché aliénant.

Faisons un lieu qui mette en avant des formes de cultures émergentes, subversives. Partageons l’art : faisons des goguettes, des bœufs, des slams, du théâtre, des soirées de lecture et d’écriture collectives. Ouvrons un lieu commun aux associations d’un bassin de vie, donnons-leur une tribune, le moyen se faire connaître et d’agir.

Enfin, rencontrons nous, faisons la fête, dansons jusqu’au bout de la nuit, jouons aux cartes, à des jeux de sociétés ou à Donjons et Dragons, mettons toute notre énergie à notre joie de vivre et se réapproprier notre existence qu’on nous vole si souvent…

Un Itinéraire-Bis

Nous voulons construire un plan B pour notre existence, un Itinéraire-Bis à notre combat quotidien. Donnons-nous la force de le faire, par le collectif. Nous n’avons pas le droit aux chèques en bois, nous sommes plus « comptes à découvert » que « comptes en Suisse » : ni héritier ni rentier, des gens normaux quoi. Devrait-on pour autant brider notre aspiration ? Jamais.

On compte donc sur vous. Itinéraire-Bis, c’est un peu plus de 100 000 euros à recueillir alors qu’on ne doute pas que vous êtes des millions à partager notre vision des choses. On y met tout notre temps, et on y a mis toutes nos (modestes) économies car nous savons que bien déterminés, aucune montagne ne peut nous faire peur.

Notre site c’est celui-ci : itinerairebiscafe.com Lisez ce qu’on y dit, posez des questions, prenez des parts sociales ou faites un don. Si vous voulez, impliquez-vous dans le projet, donnez votre avis, faites le circuler, à votre compagnon ou compagne, vos parents, vos amis, vos collègues, vos voisins : la force collective que nous pouvons soulever est colossale. N’attendons pas que les choses se fassent, provoquons les !

Les petits ruisseaux font les grandes rivières. Nous voulons d’un fleuve qui emporte tout, sorte de son lit et transforme le monde. Nous y arriverons. »

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